Mon 8 mars

Véronique Morel

Depuis plus de 30 ans, le 8 mars tourne autour d’une rencontre mère-filles où nous partageons un repas et un verre de vin. Plus que de savourer ensemble les mets mis sur la table par chacune, notre rencontre parle de nous.

Que de pleurs avons-nous versés en racontant les difficultés vécues avec nos maris, nos séparations et divorces! Que de débarbouillettes d’eau froide avons-nous réclamées pour calmer nos bouffées de chaleur! Que de sujets épineux avons-nous abordés – avortement, viol, contraception, homosexualité – menant à des discussions parfois houleuses, toujours respectueuses. Que de confidences de maman sur sa vie de jeune fille, les contraintes de l’époque si différentes de ce que nous, les plus vieilles des sœurs avons connu, et que mes jeunes sœurs ne vivront jamais. Que de rires libérateurs à regarder d’anciennes photos, à danser avec un linge à vaisselle sur la tête, à se remémorer d’heureux souvenirs.


Cette année, mon 8 mars 2021 avec ma mère et mes sœurs me prive de leur écoute chaleureuse, de leur empathie. Cela aurait fait tant de bien de nous voir épanouies, sereines, heureuses en amour et avec soi-même!

Être une femme, c’est être une avec les autres femmes dans une sororité ressourçante, c’est être solide dans ma tête et sur mes jambes, c’est créer, explorer, m’enrichir de lectures bienveillantes, c’est me trouver belle et me dire « Je t’aime Véronique » tous les matins.

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